PostHeaderIcon Le Cid - 1998

Rodrigue, jeune noble castillan, est chargé par son père, Don Diègue, de le venger de l’affront qu’il a subi de la part de Don Gomès.
L’intrigue est donc fort simple mais elle revêt un « aspect cornélien » quand on sait que Don Gomès est le père de Chimène, l’amante de Rodrigue.
« Le Cid » est une pièce jeune, pleine de fougue, fertile en rebondissements, pétrie de nobles sentiments, de grandeur d’âme. Elle a justifié pleinement cette critique : « Un jeune hommme qui n’aimerait pas « Le Cid » manquerait à la vocation de son âge. »

Le Cid est une pièce de Corneille (Pierre Corneille) . La mise en scène est signée Evelyne Charnay.

Distribution :

Amélie Charnay Evelyne Charnay Franck Charnay Gil Geisweiller Jean-Jacques Forbin Michel Crayssac

En vidéo :

Note de mise en scène :

Ne partageant pas les soucis d’actualisation de l’auteur, je préfère situer l’action au XI siècle, époque plus à même d’exciter l’imagination des jeunes auxquels j’aime m’adresser.

Le danger serait de basculer dans la caricature à la Bayard. Heureusement, le texte de Corneille, en privilégiant les conflits psychologiques, rétablit l’équilibre. Rodrigue, redoutable athlète, se montre alors vulnérable . en proie à sa passion, à ses réflexions, et à ses scrupules, il n’en paraît que plus attachant et plus moderne aussi.

Une autre difficulté est celle du lieu. Au XI siècle, Séville appartient depuis trois siècles aux arabes yéménites de l’Islam andalou. Or, sous Corneille, Séville est redevenue espagnole depuis 1248. Peut-on parler réellement d’unité de lieu alors que l’on passe à plusieurs reprises de chez Chimène aux appartements de l’Infante pour revenir chez le Roi ? Corneille nous prouve là qu’il pense par images, son écriture est presque cinématographique et c’est en quoi il nous est proche.

Le choix du décor est donc épineux. On aimerait sortir de cet éternel schéma du palais en fond de scène, Chimène côté jardin, l’Infante côté cour. Or la nudité ne sied pas à tous les plateaux de théâtre, j’ai donc opté pour des éléments de décor mobiles, évocateurs de l’art roman et de la foi chrétienne, se déplaçant en avant-scène. Les remparts d’une forteresse de type mauresque, témoins de l’influence arabe, restent fixés en fond de scène. Face à cet ensemble, la simplicité de forme des costumes s’impose.

Dès le départ, la musique du XVI siècle de Lucas Ruiz de Ribayaz donne le ton : galop de cheval du héros qui approche, accords d’abord feutrés de l’amour naissant, plus secs et plus violents de la passion qui s’installe.

Car quelque soit le choix du metteur en scène, la fierté espagnole, le défi de la mort, la sensualité, sont dans cette tragi-comédie, incontournables.


Le Metteur en scène

Evelyne Charnay .

Note d'intention :

Le Cid a-t-il existé ?

Rodrigue, Diaz de Vivar, naquit en 1045 à quelques lieues de Burgos en plein cœur de la Castille. A 15 ans, il a déjà combattu plusieurs fois aux côtés de son père, lorsque celui-ci meurt brutalement.

En 1065, à la mort du roi Fernand 1er de Castille, il devient l’Alférez (porte étendard) du jeune roi Don Sancho. A ce titre, pour l’honneur de la Castille et au nom de Dieu, il affronte en combat singulier le redoutable gouverneur de Navarre. Il le désarçonne d’un coup sur le heaume, et lui coupe le chef. Vainqueur incontesté, il est appelé dès lors « Campéador » (excellent) par les Espagnols, « Mio Cid » par les musulmans qui le redoutent et l’admirent, persuadés qu’Allah leur a envoyé un tel fléau pour éprouver leur foi attiédie.

Le roi Alphonse VI, second fils de Ferdinand, lui donne sa cousine Xiména d’Oviedo en mariage dont il aura trois enfants. L’incursion des Maures sur le château de Gormaz incita Rodrigue à intervenir de sa propre initiative. Le roi furieux lui retira sa protection et le bannit de ses terres. Exilé, Rodrigue part faire fortune dans l’Est et reprend Valence aux Maures. Jamais vaincu, une fois blessé, il meurt tranquillement dans son lit le dimanche 10 Juillet 1099.

Il laisse deux filles dont Cristina , arrière grand-mère de Blanche de Castille et de St Louis. Cavalier intrépide, pieux, généreux, loyal, il est le chevalier chrétien par excellence.

« Le pauvre et le faible aideras
La femme respecteras
L’enfant assisteras
Preux et généreux seras ».

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